Origine du nom de la salle des sports au lycée Henri Avril à Lamballe
Histoire d’un autodidacte.
Comme vous le savez peut-être, il existe une salle des sports à côté du lycée Henri Avril à Lamballe qui porte le nom de cet homme. Mais qui était-il ?
En effet, cet homme que j’ai bien connu était un palefrenier des haras. Il était autodidacte et maîtrisait le français à sa façon.
Mais c’était quelqu’un qui aimait les gens et les écoutait avec bienveillance.
C’était un bénévole qui ne cherchait ni gloire ni couronne. Dans tout ce qu’il a fait durant sa vie, il l’a fait sans compter son temps. Il avait des amis de toutes sensibilités et je sais qu’il en a sans aucun doute encore, à les entendre parler aujourd’hui. « Qui ne connaissait pas cet homme ? » me disait une dame il y a quelque temps. Son histoire se marie avec celle du Haras de Lamballe.
Palefrenier au haras de Lamballe
En effet, il intégra le Haras de Lamballe à l’âge de 16 ans comme palefrenier; il y est resté 42 ans. Sa passion pour le cheval lui avait été transmise par son père et son grand-père.
C’était un homme de cheval, comme l’on dit dans le milieu.
Il aimait les gens
Mais comme je l’ai déjà dit, il aimait les gens. En 1963, il rencontre un peintre en bâtiment, parfois artiste à ses heures, un certain Paul Rageot. Cet homme, bien que très modéré au niveau de la consommation d’alcool, lança avec ce peintre et d’autres amis la création de la section Croix d’or de Lamballe, aujourd’hui affiliée à Alcool Assistance. À cette époque il fallait être solide pour dénoncer le problème des malades alcooliques. Et il faut dire que les pionniers de cette époque étaient solides : moqueries, insultes, lettres anonymes.
Malgré cette ambiance, tous ces pionniers de la première heure ont tenu le coup pour qu’enfin aujourd’hui leurs actions soient reconnues, y compris dans les communes de nos territoires.
Le sport et l’engagement
Il aimait aussi le sport; il disait souvent: si tu ne bois pas d’alcool et que tu fais du sport, tu es presque immortel. Cette expression a pris de l’importance puisqu’il est décédé en faisant son footing un dimanche matin le 7 novembre 1999, peu avant l’an 2000. Sans aucun doute son grand regret, car il évoquait cette date comme quelque chose d’extraordinaire qui devait nous arriver.
Oui, cet homme aimait les gens; il participait aussi à d’autres associations, comme les Chevreuils de St Lazare, l’association Saint-Vincent de Paul et il accueillait les sans-domiciles-fixes, et il était aussi membre du CCAS. Il n’hésitait d’ailleurs pas à interpeller les élus, quels qu’ils soient, pour défendre un dossier. Cet homme était avant tout un humaniste au service des autres. À ce titre, il a d’ailleurs reçu l’ordre national du mérite en 1994, remis lors d’une cérémonie.
La municipalité de Lamballe a elle aussi voulu lui rendre hommage en donnant son nom à cette salle des sports du lycée Henri Avril, qui s’appelait auparavant COSEC (sigle administratif).
Cet homme, c’était mon père.
J’ai souhaité lui rendre cet hommage en même temps qu’à tous ceux qui, comme lui, sont autodidactes et aiment les gens et font le bien autour d’eux. Alors bravo à tous ceux qui s’engagent pour aider les autres, que ce soit dans les associations ou les collectivités. Merci pour tout ce que tu as apporté à notre territoire et pour toutes les personnes que tu as côtoyées. Cette salle de sports du lycée mérite d’être associée à cet esprit sportif et à cette jeunesse éternelle.



