La bergerie de Saint-Aaron. vente directe de viande d’agneau
Le week-end dernier se tenait le salon de l’agriculture à Paris. Aujourd’hui nous donnons la parole à un couple d’agriculteurs à Saint-Aaron.
Ils évoluent depuis longtemps dans le milieu agricole et apprécient ce métier malgré les difficultés actuelles. À l’heure du salon de l’agriculture qui se déroule à Paris jusqu’au 1er mars, nous avons souhaité leur donner la parole :
1) présentation et dates clés
Voici quelques dates importantes pour ce duo : le 1er janvier 2000, le mari reprend l’installation de ses parents qui avaient des vaches allaitantes. En 2002, il reprend une exploitation de vaches laitières et le couple s’installe également. En 2016, ils arrêtent les vaches allaitantes et démarrent l’élevage de brebis ; aujourd’hui ils produisent des vaches laitières et des brebis. Ils vendent la viande d’agneau en direct, mais aussi, en plus de leur clientèle traditionnelle, à des commerçants de proximité, boucheries, moyennes surfaces et restaurants.
2) deux activités sur deux sites à Saint-Aaron
Ils exercent deux activités sur la commune et sur deux sites à Saint-Aaron. C’est une question de circonstance. Concernant la bergerie, c’est un travail très prenant, surtout pendant les périodes des naissances. Heureusement que ce site est aussi leur lieu d’habitation.
3) la dureté du métier et l’organisation du temps
Le métier est souvent compliqué, et beaucoup ont un avis sans connaître vraiment le terrain. Nous travaillons avec du vivant et donc sept jours sur sept. La vie familiale s’adapte au rythme de la ferme. C’est parfois difficile, notamment quand les enfants sont jeunes. Les charges de travail augmentent sans cesse, les conditions ne sont pas toujours favorables et certains de nos collègues préfèrent sans doute arrêter plutôt que de devoir réinvestir et s’endetter pour plusieurs années, sachant que les prix de vente de nos produits n’augmenteront pas nécessairement.
4) solutions pour que les petites et moyennes exploitations s’en sortent
Pour les petites et moyennes exploitations comme les nôtres, l’essentiel est de maîtriser les coûts de production. Le prix payé aux producteurs dépend des marchés et répond à la mondialisation. Une solution d’avenir semble être la vente directe et les circuits courts qui vont aussi dans le sens d’une amélioration de la qualité des produits pour le bien des consommateurs et pour nous-mêmes, producteurs conscients, malgré les critiques sur l’environnement.
5) des vacances malgré tout ?
Très peu de vacances en effet, car il faut trouver des périodes creuses. C’est pourtant une nécessité pour l’équilibre familial et pour prendre du recul sur ce que l’on fait.
6) conseils à ceux qui soutiennent le milieu agricole
Si l’on peut s’exprimer, le rôle des syndicalistes et des décideurs politiques mérite d’être réfléchi : privilégier la préférence nationale peut être une tâche complexe dans une économie mondialisée.
7) l’avenir du métier et la relève
L’un des enfants souhaite reprendre la ferme. Cela les motive au quotidien malgré les difficultés. Ils souhaitent qu’il vive des jours plus heureux qu’ils aujourd’hui, mais lui disent aussi qu’il doit choisir ce métier par conviction et passion, et non par contrainte de poursuivre l’histoire familiale.
Merci à vous deux pour votre accueil et bonne continuation à l’exploitation.


